Dans cet article, nous allons aborder l’un des accords toltèques développés par Don Miguel Ruiz.
Après Que votre parole soit impeccable et N’en faites pas une affaire personnelle, il présente le troisième accord :
Ne faites pas de suppositions – Les accords toltèques
Cet accord invite à distinguer les faits de nos interprétations. Bien souvent, nous imaginons ce que les autres pensent, ressentent ou veulent dire, sans réellement vérifier.
Lorsque le silence devient une approbation imaginaire
Prenons un exemple dans une conversation entre amis.
L’ami(e) 1 parle de ses ressentis et de ses pensées concernant une situation impliquant l’ami(e) 3.
L’ami(e) 2 reste plutôt neutre, ne réagit pas particulièrement et n’exprime pas réellement d’avis.
Lorsque l’ami(e) 3 entre dans la pièce, l’ami(e) 1 affirme alors :
« Comme l’a dit Ami(e) 2… »
…en reprenant pourtant ses propres propos.
Dans cette situation, plusieurs suppositions apparaissent :
- le silence de l’ami(e) 2 est interprété comme une approbation ;
- son absence de réaction devient un accord implicite ;
- un ressenti personnel est présenté comme une opinion partagée.
Or, rien de cela n’a été clairement exprimé.
Cet exemple montre que la supposition ne porte pas uniquement sur les intentions d’autrui mais également sur l’adhésion de l’autre, de son point de vue, son accord implicite.
La supposition présentée comme une vérité
Ce type de situation montre que la supposition ne concerne pas uniquement les intentions des autres.
Elle peut également porter sur leur adhésion, leur point de vue ou leur accord supposé.
Le problème apparaît lorsque cette interprétation est ensuite transmise comme un fait réel, sans vérification préalable.
Cela peut alors :
- mettre une personne dans une position inconfortable ;
- créer des malaises ;
- détériorer la confiance ;
- ou provoquer des conflits indirects.
Quand l’interprétation modifie le récit
Imaginons maintenant une personne racontant une situation vécue au travail.
Au fil du récit :
- les prénoms sont inversés ;
- certains propos deviennent contradictoires ;
- des éléments sont ajoutés ou supprimés.
Il ne s’agit pas toujours d’un mensonge volontaire.
Cela peut simplement traduire une reconstruction personnelle des événements.
L’interprétation finit alors par se mélanger aux faits jusqu’à devenir, dans le récit, une réalité perçue comme exacte.
Nous touchons ici à une difficulté fréquente : la confusion entre ce qui a réellement été vécu et ce qui a été interprété.
Les conséquences des suppositions dans la communication
Lorsque les suppositions deviennent des « vérités », la communication se fragilise.
L’auditeur pense entendre une réalité factuelle alors qu’il reçoit parfois une version déformée par :
- les émotions,
- les croyances,
- les attentes,
- ou les interprétations personnelles.
Même involontairement, cela peut :
- créer des malentendus ;
- alimenter des conflits ;
- détériorer des relations personnelles ou professionnelles ;
- générer de la méfiance.
Le mental cherche à combler le vide
La supposition naît souvent d’un silence ou d’un manque d’informations que l’esprit juge inconfortable.
Plutôt que d’accepter de ne pas savoir, le mental cherche immédiatement à :
- interpréter ;
- anticiper ;
- donner du sens ;
- combler le vide.
Pourtant, ce silence ne cache pas forcément quelque chose.
Il peut simplement être… un silence.
Apprendre à ne pas remplir systématiquement cet espace permet d’apaiser le mental et de mieux distinguer :
- les faits,
- les ressentis,
- et les projections personnelles.
Oser demander plutôt qu’imaginer
Éviter les suppositions permet également de clarifier les relations.
Lorsque l’on ose poser une question, demander une précision ou vérifier une information, on réduit considérablement les malentendus.
Même une absence de réponse apporte souvent davantage de clarté qu’une multitude de scénarios imaginés.
Peut-on réellement ne jamais faire de suppositions ?
Il serait illusoire d’affirmer que l’on peut totalement cesser de faire des suppositions.
Le mental humain cherche naturellement à comprendre et à anticiper. Selon les personnes et les situations, cette tendance peut être plus ou moins présente.
L’enjeu n’est donc pas d’éliminer toute supposition, mais plutôt de savoir les reconnaître pour ce qu’elles sont :
des hypothèses, et non des faits.
Garder cette distinction à l’esprit permet d’éviter :
- de transformer une interprétation en vérité ;
- de transmettre une supposition comme une certitude ;
- ou de réagir émotionnellement sur une base non vérifiée.